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[RP] L'échiquier artisanal

 
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Le Duc
Arbitre suprême
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MessagePosté le: Jeu 19 Mai - 15:31 (2011)    Sujet du message: [RP] L'échiquier artisanal Répondre en citant

Chapitre 1 : La conception de l’échiquier

Le Duc se réveille dans le pâté, comme à l’accoutumée. Sa longue sortie d’hier l’a épuisé, mais il ne doit pas baisser de rythme. Il sort de son caisson et regarde l’heure : il a peu dormi mais il est déjà en retard dans son travail. Il se lève péniblement, va prendre sa douche et s’habille. Il savoure un tube alimentaire avec une joie non dissimulée : il a perdu en l’espace de quelques semaines près de cinq kilos à force de privation. La pénurie a éprouvé son corps, mais pas sa volonté. Il visse son scaphandre sur ses épaules, s’avance en direction du sas et jette un coup d’œil à son matériel de terraformation : aujourd’hui il restera au garage. Il prend avec lui une malle encombrante et sa servante et sort. Le sable martien envahit le sas avant que les lourdes portes métalliques ne se referment en grinçant.

Il s’avance vers son tabularium, récupère des dessins, des plans et diverses notes griffonnées et part s’installer dans son APU quasiment vide. Il pose la lourde malle et l’ouvre afin d’inspecter son contenu. La visière du scaphandre cache une mine déçue : même avec tous les efforts qu’il a fournis pour obtenir les composants dont il a besoin, il est bien lui du compte. Son échiquier artisanal n’avance pas beaucoup : les plans semblent réalisables mais les matériaux sont difficiles à trouver et après tout rien ne garantit que son niveau d’artisanat lui permette d’arriver à ses fins. Il lève les yeux et laisse traîner son regard le long des poutrelles métalliques du hangar. Il aperçoit sur le mur une feuille de papier qu’il ne se souvient pas avoir collé là. Il se lève et la regarde de plus près : il s’agit d’un dessin qu’un co-syndiqué a fait. Le Duc reconnait immédiatement les traits de König, bien qu’il ne l’ait jamais vu en chair et en os. Il chasse les doutes de sa tête et sort des petits restes humains de la malle. Il agrippe ses outils et commencer à sculpter des pièces pour son échiquier.

Demain il usinera le socle métallique de l’échiquier, en espérant collecter d’autres monnaies tribales pour finir le damier. Il lui faudra sûrement encore plusieurs mois afin de finir tout son travail. Chassant de l’esprit cette considération, le Duc attrape un autre os et commence à sculpter un fou. Les deux derniers os serviront à sculpter le couple royal.


Chapitre 2 : Les pictogrammes tribaux

*Le Duc venait d’achever le socle métallique de son échiquier artisanal qui trônait sur sa table logistique. Certes il manquait encore le damier, mais le tout faisait très austère. Surtout, le Duc se sentait fatigué et parfois un peu las. Il décidé d’aller rejoindre son ami irlandais Gregan pour se changer les idées. Il enfila son scaphandre, sortit du Bunker et s’installa dans son Betrayal. Dans moins d’une heure il serait au chaud avec un bon whisky et cette pensée le réconforta. Alors qu’il traversait le désert martien, son Betrayal heurta un rocher qui était resté caché par un petit monticule. Le Betrayal se souleva à la verticale dans les airs et le Duc entendit un bruit assourdissant avant de perdre connaissance. Plusieurs heures plus tard il reprit ses esprits dans la carcasse déchiqueté du Betrayal. Sa survie s'apparentait à un miracle tant le choc avait été violent. Il regarda autour de lui et vit qu'il pouvait encore s'extraire du véhicule par une fenêtre brisée. Cet effort lui fut d'autant plus pénible que sa jambe avait été compressée dans l'accident et que son scaphandre, heureusement encore intacte, viendrait à manquer d'air rapidement.

Au beau milieu de nulle part, sans possibilité de lancer sa balise de détresse, le Duc se résigna à retourner à pied à son bunker en suivant une direction plus qu'approximative. Sa marche était difficile et le sifflement du vent embrumait son esprit. La douleur et le manque d'air provoquaient des hallucinations. Il s'était fait une raison : personne ne viendrait le secourir, il allait crever ici comme tant d'autres terraformeurs négligents ou malheureux avant lui. Alors qu'il lui semblait reconnaître les dunes qui s'élevaient à quelques kilomètres de son bunker, le vent redoubla d'effort, se transformant en une véritable tempête. Au bord de l'asphyxie, le Duc entendait des mots portés par le vent et dans une langue qui lui était étrangère. Cette impression d'entendre un message qui lui était destiné devînt de plus en plus forte, et ce qu'il avait pris pour une hallucination lui semblait de plus en plus réel. A bout de force, à bout de souffle, chancelant à cause de sa jambe endolorie, le Duc tomba à terre, le scaphandre posé sur le sable ocre du désert martien. Il ferma les yeux, respirant les deniers filets d'air de son scaphandre et écoutant cette langue inconnue et ce message dont jamais il ne percerait le secret.

...

Malgré tout, le désir de vivre reprit le dessus. Il avait du s'évanouir quelques instants et essaya de se relever. Il agrippa quelque chose à proximité, pensant s'appuyer sur un rocher. Il leva les yeux, conservant un équilibre précaire dans un paysage qui bougeait comme s'il se trouvait sur un bateau. Devant lui se tenait son bunker, sans qu'il pu expliquer pourquoi et malgré son état il reconnaissait très bien le sas et actionna le levier. Ses pas étaient lourds et il lui fallu sûrement une bonne minute afin d'atteindre l'intérieur du bunker. Enlevant le heaume de son scaphandre, il prit une inspiration et vacilla.

...

A son réveil il se rendit dans son caisson pour se soigner et se reposer. Remis de ses émotions, il déprogramma l'ensemble des tâches de maintenance qu'il avait à accomplir sur sa concession. Mais petit à petit, il se remit au travail, pensant que cela l'aiderait à supporter les violents migraines et les sifflements dans les oreilles. Les jours passaient sans que cela ne s'arrête et il fit rapidement le lien avec l'expérience traumatisante qu'il avait vécu ... et surtout le mystère de son retour au bunker. Une nuit, alors qu'une vive crise de démence le prenait, le Duc alla chercher un burin. Ses oreilles résonnaient des paroles qu'il avait entendues dans le désert, devant ses yeux embrumés défilaient des pictogrammes qu'il n'avait jamais vus ...

...

Le Duc se réveilla affalé sur sa table logistique. Un burin était au sol et il se souvint vaguement son délire de la nuit dernière. Il balaya la pièce du regard pour s'assurer que tout était en place. Devant ses yeux il trouva le socle de son échiquier sur lequel était gravé des centaines de petits pictogrammes. Il entreprit de les déchiffrer et découvrit avec surprise qu'il y parvenait sans effort. Un large sourire illumina son visage : enfin il avait compris.*



Chapitre 3 : Le fruit de l’effort

*Après des heures d’un travail minutieux, le damier de l’échiquier était fin prêt et la dernière monnaie tribale était venue s’insérer au millimètre près dans le dernier carré vide. Reculant pour admirer son travail, le Duc fut frappé par la beauté de l’objet. Les pictogrammes tribaux sur le socle métallique donnaient un aspect mystérieux à cet échiquier d’exception, d’autant plus que les pièces en os sculpté étaient d’une grande finesse. Les monnaies reflétaient le pâle halo de lumière qui régnait dans le bunker. Par moment, lorsque la ventilation soufflait un courant d’air un peu plus saccadé, une partie de la terre martienne sous le damier se soulevait d’un centimètre pour retomber en dessous des monnaies. Ou que l’on posât son regard, on trouvait toujours un détail fascinant dans cet œuvre.

Le Duc décida de conserver cet objet dans sa planque, en attendant d’aller voir Absurdjedi, l’adepte de son syndicat, pour voir s’il était possible de charger cet artéfact d’un puissant flux ésotérique. Il prit la direction du bar du Forage, il devait partager son soulagement et exprimer toute sa gratitude à ceux qui l’ont aidé pendant ces durs mois de labeur. Un immense sourire traversait le visage calme et apaisé de l’homme.
Après avoir passé le sas et commandé un russe blanc, le Duc souffle quelques mots à gros robot avant de monter sur une table non loin du comptoir. Il demande le silence et l’obtient sans trop de peine. Il annonce alors au reste de la communauté :


« Ecoutez tous ! Je viens d’achever la collecte des objets pour mon échiquier artisanal tant attendu. J’espère pouvoir vous le montrer prochainement. Je tiens à remercier personnellement ceux qui m’ont aidé à collecter les objets nécessaires à sa réalisation. Je n’oublierai jamais leur don.

Sur cet échiquier de légende, ici-même, se tiendra dans quelques mois je l’espère un tournoi d’échecs d’anthologie. Ce tournoi aura pour principal but de souder notre communauté si divisée et de diffuser des valeurs de respect et de solidarité. Que le plus noble d’entre nous gagne, et que tout le monde ressorte grandi de ce grand évènement ! »


Le Duc descend et s’avance vers le comptoir en attendant les réactions des terraformeurs présents.

Chapitre 4 : Le pouvoir de l’échiquier

Le Duc ne dormait plus depuis des jours. Son Echiquier artisanal était enfin terminé, il avait sculpté toutes les pièces sans exception et celles-ci trônaient fièrement sur le damier de monnaies tribales qui luisaient faiblement dans la pénombre du bunker. Ce n'était pas la fatigue accumulée qui troublait le Duc mais bel et bien la perte de son ami de toujours, Gregan l'irlandais.

Lors d'une des nuits sans sommeil il lui semblait qu'il lui était apparu. Mais au lieu de retrouver son ami autour d'un verre de Whiskey il avait eu une étrange impression : comme si tout deux étaient menacés et allait devoir s'affronter pour survivre dans ce rêve. Sous ses pieds il avait cru reconnaître le damier de son Echiquier et à côté de lui les pièces qu'il avait sculpté de ses propres mains.

...

Bien des jours passèrent avant que le Duc ne réalise enfin que la cause de ses rêves étranges était bel et bien l'Echiquier qui trônait sur sa table logistique. Il en avait déduit qu'il était chargé d'une forte puissance ésotérique et celui qui avait suffisamment de force pour la maîtriser pouvait convoquer l'esprit de deux terraformeurs pour les faire se confronter dans une partie mentale d'échecs à hauts risques.

Plusieurs fois le Duc résista à la tentation d'utiliser ce pouvoir, mais un jour il s'endormit avec la ferme intention de convoquer l'esprit de König. Après plusieurs minutes d'angoisse plongé dans un univers trouble et complexe, le Duc reprit connaissance sur le damier de son Echiquier. En face de lui trônait un homme, imposant, dont le Duc ne parvenait pas à voir le visage.

La partie d'échecs commença avec des entrées classiques avant que, rapidement, l'homme qui faisait face au Duc prenne un pion d'avance, puis à l'aide d'une superbe combinaison il sacrifia un fou pour arriver à une brochette royale et prendre la reine du Duc. A ce moment une vive vague de douleur traversa le corps du Duc, des images cauchemardesques défilaient dans sa tête et il cru devenir fou. Il posa un genou à terre et tenta de dominer sa douleur.

Il réalisa trop tard son erreur : il venait de convoquer une personne dont on ignorait si elle était encore vivante, et qu'il n'avait jamais vu. Les coups qu'elle portait n'étaient pas prévisibles. Il risquait de perdre cette partie, et, à en juger par les blessures qu'il venait de recevoir, la vie. Tentant en vain de rassembler ses dernières forces, le Duc rivalisa d'ingéniosité si bien qu'au final il ne resta que le Roi adverse accompagné d'un pion. Après avoir pris celui-ci il se retrouva seul face à l'homme et quand il désira s'approcher l'illusion s'estompa.

...

Le Duc se réveilla dans son caisson. Un goût de sang lui restait au fond de la gorge et il retrouva sur son corps endolori les multiples blessures qu'il avait reçu lors de la partie d'échecs mentale. Une migraine sans précédent le cloua au bunker pendant près d'un jour ce qui lui laissa le temps de méditer sur les pouvoirs de cet Echiquier ...

Petit à petit, deux citations de Grands Maîtres des échecs lui venaient à l'esprit. Deux clés pour prétendre percer les mystères de son échiquier.


Citation:
A chaque perte on perd un peu de soi. Joël Lautier

Citation:
Il n'y a pas de sport plus violent que les échecs. Gary Kasparov

_________________
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MessagePosté le: Jeu 19 Mai - 15:31 (2011)    Sujet du message: Publicité

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